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Aucun document ne mentionne son utilisation en Bretagne avant la Révolution,
et il est actuellement difficile de savoir si une pratique populaire
existait avant les années 1830.
Les érudits du XIXème siècle,
surtout curieux de culture celtique, ont rarement noté son emploi.
Quelques témoignages se succèdent : en 1830 à Morlaix,
en 1844 à Landivisiau.
On peut penser que ce sont les formations de type « musique
militaire » qui ont contribué à la popularisation
de cet instrument. Ces ensembles seront à l'origine de la création,
entre 1830 et 1850, de nombreuses fanfares, lyres, cliques, harmonies
ou orphéons instrumentaux.
L'adjonction de cuivres de la famille des saxophones transforme ces
sociétés musicales en véritables orchestres symphoniques
portatifs. Pour répondre à leurs besoins et suivre l'évolution
des pratiques musicales, des magasins de musique voient le jour et diffusent
les nouveaux instruments.
Si le rôle de ces orchestres peut expliquer l'introduction de
la clarinette en Bretagne, la façon dont s'est effectué
son passage dans la société paysanne reste difficile à
cerner.
Dans les Pays de Vitré et Fougères, au cours du XIXème
siècle, l'adoption du répertoire de quadrilles, puis de
danses en couple est rapide.
Le succès populaire incontestable, dans la deuxième moitié
du XIXème siècle, de cet
instrument « moderne » en Haute-Cornouaille est
plus surprenant ; l'isolement de cette région l'ayant amenée
à conserver plus longtemps que d'autres un fonds ancien de danses
et de mélodies.
Le Centre-Bretagne devient le pays de la clarinette par excellence,
instrument privilégié de toutes les réjouissances.
Dans l'ouest du Trégor, la clarinette est utilisée dès
1830 aux côtés du biniou, de la vielle et du tambourin.
Les sonneurs de clarinette supplantent les derniers vielleux vers 1900
et les couples biniou-bombarde n'animent plus que les noces riches.
La clarinette à 13 clefs, arrivée après 1850, devient
l'un des instruments favoris des sonneurs de la fin du XIXème
- début XXème siècle.
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